Notes

"Le premier venu, pourvu qu'il sache amuser, a le droit de parler de lui-même."
Charles Baudelaire

Partie 3 : L’escalade de l’Acatenango et du Fuego

Posté par: Jonathan  /  Commentaires: 12

Sur le toit du monde

La galerie photo de l’aventure ici

2 jours de trek, 1976 mètres de dénivelé en une journée et 6 litres d’eau par personne, ce qui rajoute 6 kilos en plus du matos indispensable (polaires, habits de rechange, lampe torche, sac de couchage, gants, nourriture, etc). Nous sommes un groupe de 7, avec un couple de français sympa, un binôme de suisse et un canadien très cool aussi. C’est pour ce trek que j’achèterai ma paire de lunettes verte et jaune fluo aujourd’hui devenue mythique…

A la pesée, nos sacs font 13 kilos en moyenne sans compter les casseroles, la nourriture et tout ce qui concerne le groupe, la grimpe du premier jour sur l’Acatenango va durer à peu près 8h (d’après ce que nous annoncent les guides). Il est 6h du matin, nous sommes tous ready, sacs chargés dans le minibus, direction le petit déj histoire d’être en forme olympique. A 8h, nous commençons à grimper…

Le démarrage à 2400 mètres d’altitude est une épreuve en soi. Une pente de près de 500 mètres de dénivelé dans la terre, passant au milieu des champs. Au bout de 10 min, nous avons enlevé une épaisseur d’habits et au bout de 30, nous sommes trempés et avons retiré toutes le couches possibles… Le paysage n’en reste pas moins merveilleux.

Nous traversons ensuite une petite forêt type jungle puis arrivons à une forêt alpine, laissant l’humidité à l’air sec, et les fougères aux sapins. Nous faisons des pauses régulières pour manger et s’hydrater. Notre pause déjeuner se fait dans un camp à 3200 mètres (nous avons déjà grimper 800 mètres vers 11H40).

Notre guide nous annonce que nous avons 1h d’avance sur les groupes habituels et que donc, nous devrions être en haut (3976 mètres) vers les 15h. Après le déjeuner, les cuisses se font déjà sentir et le plus dur reste à faire. A 3800 mètres, nous sommes en haut d’un premier volcan que nous devons redescendre pour entamer
l’ascension finale de l’Acatenango. D’ailleurs, la route entre les 2 volcans s’appelle le PURGATOIRE car les températures changent, le vent, le brouillard et surtout la petite descente avant la montée finale, épuisante… au centre du Purgatoire se trouve un rocher derrière lequel on peut tous s’abriter.

Les rafales de vent à 5° dans le brouillard font que nous nous préparons mentalement aux derniers 400 mètres. La surface étant mi sableuse, mi terreuse, avec des gravillons ; ce qui fait que chaque pas à 40 cm devant glisse sur 20 cm derrière… Comme je vous le disait : exténuant.

Les sacs commencent à vraiment se faire sentir, la fatigue associée au froid et à la transpiration dans le vent fait que le mental est à son maximum.

Nous arrivons en haut donc, 3976 mètres vers 14h45. Le soleil tape au milieu des nuages (qui sont à notre hauteur), ce qui nous permet de nous réchauffer un peu (au moins 10° de différence en moins quand le nuage passe sur nous). La vue est évidemment éblouissante. Un toit du monde.

Avec le groupe, nous installons le campement au centre du critère avant d’aller, vers 17h30, changés, séchés (mais pas douchés bien sur), sur la cime de l’Acatenango face au Fuego (encore actif lui).

Les nuages sont nombreux et nous avons peur de ne pas pouvoir profiter du coucher de soleil. Une brique de vin rouge à l’ancienne pour nous réchauffer, nous sommes tous en groupe sur 10 mètres carrés et là, parce que la vie est faite ainsi. Les nuages disparaissent le temps du coucher de soleil derrière le Fuego, en train de gronder et de cracher de la fumée. Photos, vidéos, nous sommes fous de joie d’avoir la chance d’apprécier ce coucher de soleil (quasiment 50% des gens qui l’escaladent
ne peuvent pas voir le coucher de soleil à cause des nuages qui sont à notre hauteur, ce qui donne une impression de brouillard intense et on ne voit rien à 10 mètres vu que nous sommes au milieu).

La nuit tombe rapidement et le vent se lève. Nous sommes dans le monde de l’obscurité. Il fait 2 degrés. Nous savourons nos polaires achetées la veille ainsi que les pantalons chauds (en polaire aussi) que nous avons trouvés au « marché aux puces ». Nous faisons une récolte de brindille dans le cratère du volcan afin de faire un feu pour nous réchauffer car les conditions sont rudes, et d’allumer le réchaud pour faire à manger.

La cerise sur le gâteau si je puis dire : avec les autres jeunes, nous avons partagés la 2ème brique de vin rouge autour du feu, et je dois dire que ça, cumulé aux conditions de la nuit et aux efforts de la journée à fait que nous avons pu nous endormir dans nos tentes pour 4 personnes au milieu des rafales de vent et d’un bon 0° spécial « volcano ». Même si cela ne veut pas dire que nous avons bien dormi, loin de là…

Au réveil, un brouillard d’une densité jamais vu nous entoure. On arrive à se distinguer à 2 mètres maximum. Il est 4h du matin. Le vent est tombé alors qu’il fait un froid traumatisant mais il nous est impossible, ni de voir le lever de soleil, ni d’aller rejoindre le Fuego par la corniche car la visibilité rend le parcours bien trop dangereux… Nous décidons d’attendre que cela se dégage jusqu’à ce que le guide local nous rejoigne, parce qu’il faut que je vous raconte ça aussi…

Aparté : nous avons grimpés avec 2 guides, celui de l’agence qui est un canadien anglophone plus un guide local qui assure la sécurité et fait office de médiateur si besoin. Il est venu accompagné de son fils de 8 ans pour escalader le volcan avec nous. Sauf que lui, il est redescendu chez lui vers 15h quand nous étions arrivés en haut et est reparti le lendemain matin vers 4h30 du matin pour re-grimper l’Acatenango à la fraiche afin d’arriver à 7h40 pour nous, ce qui veut dire qu’il a grimpé en 3h10, soit la moitié de notre temps, parce que bien sur, monsieur le grimpe en footing….. C’est là qu’on se rend compte qu’on est bien loin de nos limites… moi je dis respect ; (son fils par contre n’était pas remonté, ce que nous pouvons tous comprendre…)

Personne n’autorise la traversée vers le Fuego, c’est donc avec sagesse mais déception que nous retournons en bas de l’Acatenango. Le brouillard nous accompagne avec le froid, ce qui nous motive pour atteindre le bas du volcan en 2h45. En bas, le brouillard s’est dissipé, nous avons enlevé encore une à une nos épaisseurs (polaires, coupe vent, tee-shirt technique, tee-shirt classique) et à 10h45, une fois la rude descente, nous pouvons apprécier un sandwich en attendant le minibus qui nous
ramènera sur Antigua.

Le moment de détente viendra une fois que nous sommes rentrés à la GuestHouse, lavés, affaires trempées en train de sécher, changés, près à partir manger un BK stacker chez Burger King (4 tranches de fromage croisées avec 4 tranches de steak) un régal.

Demain, départ pour Panajachel et le Lac Atitlan à 8h dans le but de passer notre spécialité Plongeur d’altitude avec PADI et apprécier les volcans qui entourent le lac, dont le volcan Attitlan et le San pedro. (voir photos).

12 Commentaires

Quentin

15 juin 2011

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Merci pour le partage Jon, tu assoiffes encore plus mon envie de découvertes… :)

Je suis pressé de voir la 4ème partie ! Besos

Nadia

15 juin 2011

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troo kiffan!!!!!!!!

mamie nicole13

15 juin 2011

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Merci pour cet article, petit à petit on grimpe avec toi, on voit nettement par ton écriture que c’est ton kiff, j’attends maintenant plus de belles photos … Continue ce partage… c’est super -
Kissous

Ozden

15 juin 2011

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Belle expérience, dans un bel endroit comme le montre la photo !

Ozden

15 juin 2011

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Vous avez eu beaucoup de courage aussi pour pouvoir passer dans certains endroits dangereux, où d’autres touristes se sont fait tués.

J’aime beaucoup le passage où tu dit qu’il faut voir des endroits où il y a des gens simples qui vivent dans des conditions qui sont différentes des notre et qu’on doit réaliser la chance que nous ici nous vivons dans le confort, je suis du même avis.

Jen

15 juin 2011

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Merci ! Pour la puissance de tes mots, ta sensibilité, ta personnalité.

« Donner c’est écouter les gens
Donner c’est consacrer du temps
Donner, c’est choisir un chemin
Donner, c’est construire à « deux mains » … Jon

Je t’embrasse, prends soin de toi…

agath94

15 juin 2011

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Bonsoir Jon,

Site, récit et photos superbes.
Merci de nous rappeler qu’il existe autre chose que notre vie de citadins matérialistes…

Merci pour le partage même si le récit de ton trek sur l’Acatenango aura donné des idées à mon fils passionné de voyages et de volcanologie !

C’est cette facette de toi que j’aime, alors continue de nous en mettre plein les yeux :) et n’arrête pas l’écriture …

Prends soin de toi. Bises ;)

Corinne

16 juin 2011

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Coucou Jon
Merci pour ton partage………..A travers ton récit j’ai fait un beau voyage…….pour la deuxième fois……..;)!Des moments a jamais gravés dans ta mémoire, le partage avec des gens simples, mais aussi la difficulté de ce périple………….pendant lequel on puise, je pense au fond de soi pour y trouver des forces insoupçonnées……et surtout, là haut, sur le toit du monde, devant la magnificence de la beauté du monde…………Tu as trouvé la sérénité……
Rien qu’en regardant la vidéo du coucher de soleil, j’étais émue…
J’attend la suite avec impatience…
Gros bisous Jon…….nounet!LOL!

cendrine

16 juin 2011

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C’est superbe !
J’espère qu’on finira par prendre conscience qu’il faut préserver la nature.
N’oublions pas que c’est elle qui conditionne toute notre vie finalement
Ca devait être un très beau voyage pour quelqu’un comme toi qui sait apprécier.

Bises jon

Josijo

18 juin 2011

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Merciiii pour ton super récit et pour les photos. Celle iintitulé « le toit du monde » est top et nous fait prendre concience et nous permet d’affirmer que ce monde est merveilleux ; la nature nous offre un concert de biodiversité magnifique.

Chapeau bas au guide local qui grimpe en footing 3976 m en 3h10, moi quand je fais 1km de marche, en plus sur du plat, je suis morte….

J’attends la suite car c’est toujours un bon moment de partage.
Bisous

severine NBLJ

7 septembre 2011

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« C’est là qu’on se rend compte qu’on est bien loin de nos limites… », l’etre humain n’a que les frontieres qu’il se cree.

Merci beaucoup pour ce fabuleux recit qui nous emmene bien loin de nos petits tracas qui rendent nos nuits un peu trop blanches.

momo christelle

15 septembre 2011

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Merci beaucoup pour ce fabuleux récit

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